Définition de la Trésorerie

La trésorerie constitue un des indicateurs essentiels lorsqu’il s’agit de comprendre la santé de l'activité commerciale, et cela, qu’il s’agisse d’une société de grande envergure ou de taille petite et/ou moyenne. Par définition simple, la trésorerie de l’entreprise se rapporte aux liquidités disponibles, incluant la somme d’argent en caisse et celle à la banque.

Calcul et interprétation de la trésorerie nette

Avant même la création de la structure, ainsi que tout au long de la vie de celle-ci, il est essentiel de prévoir et de connaitre la trésorerie nette. Pour une société en cours de création, le calcul s’effectue en amont, durant la constitution du budget. Cette étape est importante lors de la mise en place du business plan, notamment dans la partie financière, car elle permet de déterminer la viabilité du projet. Tout au long de la vie de l’entreprise, il faut également prêter une attention particulière liquidité disponible, car elle constitue un tableau de bord idéal pour les dirigeants et qui permet à ces derniers de prendre les meilleures décisions sur les stratégies financières à adopter. Le calcul de la trésorerie nette peut se faire deux manières différentes.

Méthode 1

Trésorerie nette = Trésorerie active – passive

Cette première approche de calcul se réfère directement au bilan comptable de l’activité en reprenant les actifs circulants financiers (Trésorerie active) et les dettes financières à court terme (passive), donc moins d’un an. Elle est active lorsqu'elle concerne les principaux actifs monétaires mobilisables, dont les avoirs à la banque, les liquidités disponibles en caisse, ainsi que les Valeurs Mobilières de Placement (VMP). Elle est passive lorsqu'elle est constituée des concours bancaires courants, ainsi que des découverts bancaires.

Méthode 2

Trésorerie nette = Fonds De Roulement (FDR) – Besoin en Fonds de Roulement (BFR)

Cette deuxième procédé de calcul de la trésorerie nette est la plus utilisée en pratique. Elle fait intervenir le fonds de roulement (FDR) (excédent d’argent résultant de la différence entre les capitaux permanents et les actifs immobilisés) et le besoin en fonds de roulement (BFR) (somme d’argent nécessaire pour assurer le cycle d’exploitation). Cette méthode d'appréciation montre à quel point les trois notions (Trésorerie nette, Fonds de roulement et Besoin en fonds de roulement) sont étroitement liées.

Interprétation

Trois cas de figure sont possibles, quelle que soit la démarche d'évaluation de la trésorerie nette, à savoir :

  • Une Trésorerie nette négative : avec la deuxième formule de calcul, ce cas de figure se présente lorsque le FDR est inférieur au BFR. Cette trésorerie négative sous-entend que l’entreprise manque de ressources financières pour assurer convenablement son cycle de production. Autrement dit, à cet instant T, la structure ne peut pas couvrir en partie ou en totalité ses dépenses. Cette situation financière déficitaire incombe la TPE ou PME à trouver des modes de financement à court terme afin de rétablir son équilibre budgétaire.
  • Une Nette nulle : avec la deuxième méthode, ce cas de figure signifie que les ressources financières à la disposition de la société permettent juste de couvrir ses besoins de financement. Certes, l’entreprise présente un équilibre budgétaire, par contre elle se trouve dans l’incapacité de couvrir d’autres dépenses imprévues.
  • Une Nette positive : lorsqu'elle est positive, elle indique la bonne santé financière de l’activité à cet instant T. En effet, cette ressource nette positive offre à l’entité l’opportunité de réaliser éventuellement des placements à court terme afin de générer des profits. Cette trésorerie excédentaire sert également de filet de sécurité pour anticiper les déséquilibres budgétaires conjoncturels.

Les problèmes de trésorerie

Le manque de liquidité dans une entreprise est une éventualité que tout dirigeant doit prévoir. En effet, même si un problème de trésorerie n’est pas forcément une fatalité insurmontable, ce problème peut compromettre la pérennité de l'établissement commercial. Pour mieux comprendre les problèmes de déséquilibre budgétaire d’une société, il convient d’identifier les principales causes possibles.

  • Chiffre d’affaires et rentabilité insuffisants : réaliser un faible chiffre d’affaires occasionne généralement des difficultés de trésorerie, étant donné que c’est l’une des principales sources de liquidité pour l’entreprise.
  • Retard de règlements clients : le non-respect du délai de paiement de la part du client peut engendrer un problème de ressource pour l’activité. Il en est de même si le délai de paiement accordé au client est trop long. Il faut noter que même si la structure réalise des bénéfices, elle peut être sujette de problème de trésorerie.
  • Surplus de stock : une mauvaise gestion des stocks peut être à l’origine d’une insuffisance de liquidité. En effet, les stocks représentent de l’argent, mais c’est une somme financière qui « dort ».
  • Changement brusque dans les activités : qu’il s’agisse d’un ralentissement ou d’une augmentation brusque et inattendue dans les activités de la structure, cela peut provoquer des problèmes de cash. Le premier peut causer la diminution du chiffre d’affaires tandis que le second conduit à l’incapacité de l’entreprise à couvrir ses besoins de trésorerie.
Aléas conjoncturels : des situations imprévisibles ou imprévues peuvent survenir à tout moment et peuvent impacter sur les fonds disponibles de la TPE ou PME. Ces situations peuvent se produire à l’intérieur même de la structure (rupture de stock à cause d’un fournisseur défaillant, machines défectueuses, etc.) ou depuis l’extérieur (crise sanitaire, grèves, etc.).

Les solutions envisageables pour une trésorerie en difficulté

Tout dirigeant qui se respecte doit prévoir une multitude de solutions dans le cas où l’entreprise venait à manquer d’argent dans sa trésorerie. Outre les solutions d’organisation et de gestion, d’autres solutions sont à envisager, notamment les solutions de financement. Parmi ces sources financières, il existe quatre grands types, dont :

  • Les financements par les établissements financiers
    • Affacturage : rachat de créance par un établissement spécialisé en échange d’une commission.
    • Crédit de trésorerie : crédit à court terme accordé aux sociétés auprès des banques.
    • Autorisation de découvert bancaire : possibilité de débiter le compte bancaire même avec un solde négatif.
    • Facilité de caisse : moyen de financement similaire au découvert bancaire, mais avec une durée différente.
    • Escompte bancaire : technique comparable à l’affacturage,
    • Mobilisation des Créances Nées à l’Étranger (MCNE) : technique plus ou moins similaire à l’affacturage, mais réservée aux activités qui réalisent des exportations.
  • Les financements publics
    • Prêt d’honneur : crédit à taux d’intérêt zéro.
    • Dispositif Nacre : dispositif d’aide et d’accompagnement pour la création d’entreprises permettant d’obtenir un crédit à taux zéro pour une somme comprise entre 1 000 euros et 8 000 euros.
  • Les Sources financières alternatives
    • Crowdfunding : système financier participatif.
    • Microcrédit : dispositif pour financer et aider les personnes non éligibles pour un prêt bancaire.
  • Les financements internes
    • Augmentation de capital : création d’actions supplémentaires dans le but d’accroître le capital social de l’entité.
    • Apport en compte courant des associés : moyen de financement de trésorerie qui consiste à injecter des liquidités dans l’entreprise. Cet argent des associés sera remboursé par la suite.