Lorsqu'une entreprise rencontre un besoin de trésorerie, deux solutions reviennent régulièrement dans les échanges avec le dirigeant ou le directeur financier : solliciter un crédit de trésorerie auprès de sa banque ou mobiliser ses factures clients grâce à l'affacturage.
À première vue, le crédit bancaire semble souvent plus simple. La banque met à disposition une enveloppe de financement que l'entreprise utilise selon ses besoins, puis rembourse dans les conditions prévues. L'affacturage fonctionne sur un autre principe : l'entreprise transforme ses créances clients en trésorerie disponible, sans attendre la date de règlement des factures.
- Deux logiques de financement
- Tableau comparatif
- Pourquoi le crédit paraît moins cher
- Exemple sur 200 000 € de factures
- Quand choisir l'affacturage
- Quand choisir le crédit
- Financement fixe ou évolutif
- Garanties demandées
- Que se passe-t-il en cas d'impayé ?
- Cumuler les deux solutions
- Les 8 questions à se poser
- FAQ
Mais choisir entre ces deux solutions sur la seule comparaison des taux serait réducteur. Le coût global compte, bien sûr, mais aussi la rapidité de mise à disposition des fonds, la souplesse du financement, les garanties demandées, le risque d'impayé, l'évolution du besoin de financement et, plus largement, la situation financière de l'entreprise.
Dans de nombreux cas, affacturage et crédit de trésorerie ne s'opposent d'ailleurs pas : ils peuvent être complémentaires.
Affacturage et crédit de trésorerie : deux logiques de financement différentes
Le crédit de trésorerie est un financement accordé par une banque pour aider l'entreprise à faire face à un besoin temporaire ou récurrent de liquidités. Il peut prendre différentes formes : facilité de caisse, découvert autorisé, ligne de crédit ou crédit à court terme. Ces financements servent notamment à absorber les décalages liés au cycle d'exploitation : constitution des stocks, fabrication, délais de règlement accordés aux clients ou paiement des dépenses courantes.
L'affacturage répond à une autre logique. L'entreprise cède ses créances professionnelles à une société d'affacturage, appelée factor, qui peut lui avancer rapidement une partie du montant des factures transmises. Selon le contrat retenu, le dispositif peut également comprendre la gestion des encaissements, la relance des clients, le recouvrement des créances et une garantie contre certains impayés.
Autrement dit, le crédit de trésorerie finance l'entreprise dans son ensemble alors que l'affacturage finance principalement son poste clients. Cette distinction est fondamentale. C'est elle qui permet de déterminer lequel de ces deux modes de financement répond réellement au besoin rencontré.
Tableau comparatif : affacturage ou crédit de trésorerie ?
| Critère | Affacturage | Crédit de trésorerie |
|---|---|---|
| Base du financement | Factures clients B2B | Situation financière globale de l'entreprise |
| Origine des fonds | Cession ou financement des créances | Mise à disposition d'une enveloppe bancaire |
| Besoin couvert | Décalage lié aux délais clients | Besoin ponctuel ou récurrent de trésorerie |
| Montant disponible | Évolue avec les factures financées | Limité au plafond négocié |
| Remboursement | Généralement à l'encaissement des factures | Selon l'échéancier ou l'utilisation de la ligne |
| Garanties | Principalement liées aux créances et aux débiteurs | Peuvent inclure cautions ou garanties |
| Risque d'impayé | Peut être couvert | Reste à la charge de l'entreprise |
| Recouvrement client | Peut être pris en charge par le factor | Reste à la charge de l'entreprise |
| Rapidité | Souvent rapide après validation du dossier | Dépend de la décision bancaire |
| Croissance | Le financement peut augmenter avec le CA | Nécessite parfois une nouvelle négociation |
| Coût apparent | Souvent supérieur à un simple taux bancaire | Souvent moins coûteux en taux pur |
| Coût global | Peut intégrer financement + gestion + garantie | Principalement intérêts + frais bancaires |
| Profil adapté | Entreprise B2B avec encours clients | Entreprise solvable avec besoin clairement identifié |
Le premier constat est simple : comparer uniquement un taux bancaire et un coût d'affacturage n'est pas réellement pertinent. L'affacturage peut inclure plusieurs prestations, financement, gestion, recouvrement ou garantie, qui ne sont pas comprises dans une ligne de trésorerie classique.
Pourquoi le crédit de trésorerie paraît souvent moins cher ?
Si l'on regarde uniquement le coût du financement, un crédit de trésorerie bancaire peut effectivement sembler moins cher qu'un contrat d'affacturage.
La banque facture principalement :
En mars 2026, le taux d'intérêt moyen des nouveaux crédits bancaires accordés aux sociétés non financières s'établissait à 3,56 %, après 3,53 % en février. Les conditions réellement proposées à une entreprise varient naturellement selon son profil, la nature du financement et les caractéristiques du dossier.
L'affacturage fait intervenir plusieurs composantes tarifaires :
Sur le papier, il est donc fréquent que le crédit bancaire affiche un coût inférieur.
Mais cette comparaison peut devenir trompeuse si l'entreprise doit parallèlement supporter le coût de la relance des clients, du recouvrement, d'une assurance-crédit, des ressources administratives consacrées au suivi des encaissements ou encore des pertes liées aux créances devenues irrécouvrables.
Dans cette situation, il faut raisonner en coût global de gestion et de financement du poste clients. L'écart entre les deux solutions peut alors être nettement moins important qu'il n'y paraît.
Exemple : une entreprise doit financer 200 000 € de factures pendant 60 jours
Prenons le cas d'une PME qui facture 200 000 € à ses clients, avec un délai moyen de règlement de 60 jours.
Solution 1 : crédit de trésorerie
La banque accorde à l'entreprise une ligne de trésorerie de 200 000 €. La PME utilise cette enveloppe pendant deux mois et règle les intérêts correspondant aux montants effectivement mobilisés.
Cette solution peut être particulièrement économique lorsque :
En revanche, le crédit bancaire ne modifie pas la gestion du poste clients. L'entreprise continue à supporter le risque d'impayé, les retards de règlement, les relances, le recouvrement et le suivi de sa balance clients.
Solution 2 : affacturage
Avec l'affacturage, l'entreprise transmet ses factures au factor. Une partie importante de leur montant peut alors être financée rapidement. Le solde est reversé après le règlement du client, sous déduction des frais et des éventuelles retenues prévues au contrat.
La PME dispose ainsi de sa trésorerie sans devoir attendre les 60 jours de délai client. En fonction de la formule retenue, le factor peut également prendre en charge :
Le coût est donc supérieur à celui d'un simple intérêt bancaire, mais l'entreprise ne paie pas uniquement un financement. Elle achète également, selon son contrat, des services de gestion et de sécurisation de son poste clients.
Dans quel cas l'affacturage est-il plus intéressant ?
L'affacturage prend tout son intérêt lorsque le manque de trésorerie provient directement du délai séparant l'émission d'une facture de son règlement.
1. L'entreprise se développe rapidement
Une entreprise en forte croissance peut se retrouver dans une situation paradoxale : son chiffre d'affaires augmente, son carnet de commandes se remplit, mais sa trésorerie se tend. La raison est assez simple. Plus l'activité progresse, plus le montant des factures en attente de règlement peut augmenter.
Une ligne bancaire possède généralement un plafond négocié à l'avance. Si le besoin dépasse ce plafond, l'entreprise doit demander une augmentation de son financement. L'affacturage présente ici une logique différente : le potentiel de financement peut progresser avec le volume des créances éligibles.
C'est l'un de ses principaux atouts pour une entreprise en développement : le financement peut accompagner la progression du chiffre d'affaires et du poste clients.
2. Les clients paient à 45 ou 60 jours
Une entreprise peut parfaitement être rentable tout en connaissant des tensions de trésorerie récurrentes.
Elle doit continuer à payer :
alors que les règlements clients n'arriveront que plusieurs semaines plus tard. L'affacturage répond directement à ce décalage. Les créances en attente sont transformées en trésorerie disponible sans attendre leur échéance.
3. L'entreprise possède peu d'actifs à donner en garantie
Certaines activités génèrent un chiffre d'affaires important sans disposer pour autant de beaucoup d'actifs physiques. C'est notamment le cas de nombreuses entreprises de services, agences, cabinets de conseil, sociétés informatiques, entreprises d'intérim ou sociétés de transport. Un financement bancaire traditionnel peut, selon le dossier, être assorti de demandes de garanties.
Dans un dossier d'affacturage, l'analyse accorde une place importante :
Une PME travaillant principalement avec des donneurs d'ordre solides peut donc présenter un poste clients intéressant à financer, même lorsque son propre bilan reste encore modeste.
4. L'entreprise veut sécuriser ses impayés
Un crédit bancaire apporte de la trésorerie, mais il ne protège pas l'entreprise contre la défaillance de ses clients. Si un client important ne règle pas sa facture, la dette contractée auprès de la banque, elle, ne disparaît pas.
Certaines formules d'affacturage peuvent intégrer une couverture contre l'insolvabilité du débiteur. Pour une société dont une part importante du chiffre d'affaires dépend de quelques grands comptes, cet élément peut peser fortement dans la décision.
5. L'entreprise veut externaliser la gestion du poste clients
Dans une PME, suivre les échéances et relancer les factures impayées peut rapidement devenir chronophage. Avec certaines formules d'affacturage, l'entreprise peut déléguer :
Ce gain de temps doit entrer dans le calcul économique. Une solution un peu plus chère en apparence peut devenir intéressante si elle réduit sensiblement la charge administrative liée au poste clients.
Dans quel cas le crédit de trésorerie est-il plus intéressant ?
Le crédit bancaire garde de sérieux atouts. Dans certaines situations, il reste même la solution la plus logique.
1. Le besoin est ponctuel
L'entreprise connaît un décalage de trésorerie de quelques semaines, mais son BFR est habituellement bien maîtrisé.
Il peut s'agir, par exemple :
Dans ce contexte, mettre en place un contrat d'affacturage couvrant l'ensemble du poste clients peut être disproportionné. Une facilité de caisse ou une ligne de trésorerie de montant limité peut suffire.
2. L'entreprise dispose d'une excellente relation bancaire
Une entreprise ancienne, rentable, peu endettée et dotée d'un bilan solide dispose généralement de meilleurs arguments pour négocier avec sa banque. Elle peut alors bénéficier d'une ligne de trésorerie relativement simple à utiliser, proposée à un coût limité et adaptée au montant exact dont elle a besoin. Dans ce type de configuration, le crédit bancaire peut rester la solution financière la moins coûteuse.
3. Les clients paient très rapidement
Lorsque les factures sont habituellement réglées sous 10 ou 15 jours, le besoin de financement du poste clients reste limité. Financer systématiquement ces créances peut alors présenter peu d'intérêt. Les frais et la gestion associés à un dispositif d'affacturage risquent de peser davantage que le gain de trésorerie obtenu.
4. L'entreprise veut une trésorerie totalement libre d'utilisation
Le financement par affacturage reste lié à l'existence de créances pouvant être financées. Une ligne de trésorerie bancaire offre au contraire une enveloppe que l'entreprise peut mobiliser pour différents besoins :
Sur ce point, le crédit bancaire est plus polyvalent.
Le véritable sujet : financement fixe ou évolutif ?
C'est probablement l'une des différences les plus importantes entre ces deux solutions.
Imaginons une entreprise réalisant :
Si le délai moyen de paiement de ses clients ne change pas, l'augmentation de l'activité entraîne mécaniquement une hausse du montant des créances à financer et donc du besoin en fonds de roulement. Une ligne bancaire de 150 000 € suffisante au départ peut rapidement atteindre sa limite.
L'entreprise devra alors retourner voir sa banque pour demander une augmentation du plafond. Avec l'affacturage, le financement potentiel évolue généralement avec le volume de factures éligibles transmises au factor. Cette capacité à suivre le développement du poste clients explique pourquoi l'affacturage peut être particulièrement adapté aux entreprises qui connaissent une croissance rapide.
Affacturage ou crédit bancaire : lequel demande le plus de garanties ?
La banque s'intéresse d'abord à la capacité globale de l'entreprise à rembourser son financement.
Elle étudie notamment :
Selon le dossier et le financement demandé, elle peut également exiger certaines garanties. Le factor analyse lui aussi la situation de l'entreprise, mais porte une attention particulière à son poste clients.
Il cherche notamment à savoir :
Une entreprise disposant de peu de garanties bancaires peut donc, dans certaines situations, obtenir de l'affacturage lorsqu'elle détient de bonnes créances sur des clients solvables.
Que se passe-t-il lorsqu'un client ne paie pas ?
Avec un crédit bancaire, le défaut de paiement d'un client ne fait pas disparaître l'obligation de l'entreprise envers sa banque.
Elle doit donc :
- relancer le client ;
- engager si nécessaire une procédure de recouvrement ;
- supporter la perte si la créance devient irrécouvrable ;
- continuer à rembourser son financement bancaire.
Avec l'affacturage, la situation dépend du contrat souscrit. Lorsque la formule inclut une garantie contre l'insolvabilité, tout ou partie du risque peut être couvert par le factor ou par l'assureur-crédit associé au dispositif. Cette protection a une valeur économique. Elle doit donc être prise en compte lorsqu'on compare le coût réel des deux solutions.
Peut-on cumuler affacturage et crédit de trésorerie ?
Oui. Et pour de nombreuses entreprises, cette combinaison peut même constituer une organisation financière particulièrement cohérente. Les deux outils ne financent pas exactement la même chose.
L'entreprise peut utiliser l'affacturage pour financer son poste clients et conserver une ligne bancaire pour ses besoins ponctuels, saisonniers ou exceptionnels.
Cette organisation évite de mobiliser la totalité d'un découvert ou d'une ligne de trésorerie simplement pour compenser les délais de paiement accordés aux clients. L'entreprise conserve ainsi une réserve bancaire disponible pour faire face à une dépense exceptionnelle, une variation saisonnière ou un besoin qui ne peut pas être financé par les créances clients.
Les 8 questions à se poser avant de choisir
Avant d'arbitrer entre affacturage et crédit de trésorerie, huit questions permettent généralement d'y voir plus clair. L'objectif n'est pas seulement de comparer deux coûts de financement, mais de comprendre l'origine du besoin de trésorerie, sa durée, son évolution probable et les services dont l'entreprise a réellement besoin.
1. Pourquoi l'entreprise manque-t-elle de trésorerie ?
La première question consiste à identifier précisément la cause de la tension financière. Un manque de trésorerie peut provenir de plusieurs situations : délais de paiement clients trop longs, forte croissance, saisonnalité, hausse des achats, besoin de constituer des stocks, investissement ponctuel ou encore retard exceptionnel d'un gros client.
Si la tension vient principalement des délais de paiement accordés aux clients, l'affacturage mérite d'être étudié en priorité. Le mécanisme est alors directement adapté au problème rencontré : l'entreprise transforme ses créances en trésorerie sans attendre leur échéance.
En revanche, si le besoin est sans lien direct avec le poste clients, par exemple pour financer un achat exceptionnel ou absorber un décalage saisonnier, un crédit de trésorerie peut être plus cohérent.
2. Le besoin est-il ponctuel ou permanent ?
La fréquence du besoin est déterminante. Une entreprise qui connaît une difficulté temporaire de quelques semaines n'a pas nécessairement intérêt à mettre en place un dispositif permanent.
Un besoin très occasionnel s'oriente plus naturellement vers un crédit bancaire, une facilité de caisse ou une ligne de trésorerie ponctuelle, surtout lorsque l'entreprise entretient déjà de bonnes relations avec sa banque.
À l'inverse, lorsque le besoin revient chaque mois parce que les clients paient systématiquement à 45 ou 60 jours, le problème est structurel. Dans ce cas, l'affacturage peut davantage se justifier, car il finance en continu le décalage entre la facturation et l'encaissement.
Point de contrôle : si le besoin revient tous les mois, il ne faut pas le traiter comme un simple accident de trésorerie. Il s'agit probablement d'un besoin en fonds de roulement permanent.
3. Le chiffre d'affaires augmente-t-il rapidement ?
La croissance est souvent consommatrice de trésorerie. Une entreprise peut être rentable, gagner de nouveaux clients et pourtant voir son compte bancaire se tendre fortement.
La raison est simple : plus le chiffre d'affaires augmente, plus le montant des factures en attente de règlement augmente lui aussi. Si les clients paient à 60 jours, chaque tranche supplémentaire de chiffre d'affaires doit être financée pendant cette période.
Dans ce contexte, une solution capable d'évoluer avec le volume des créances peut devenir particulièrement intéressante. L'affacturage présente justement l'avantage de pouvoir accompagner l'augmentation du poste clients, sous réserve de l'éligibilité des créances et des limites fixées par le factor.
À l'inverse, une ligne bancaire possède généralement un plafond déterminé à l'avance. Si la croissance dépasse les prévisions, l'entreprise devra parfois renégocier rapidement ce plafond.
4. Les clients sont-ils solvables ?
La qualité du portefeuille clients joue un rôle central, surtout en affacturage. Le factor ne regarde pas seulement la situation financière de l'entreprise qui demande le financement : il analyse aussi la capacité des débiteurs à régler leurs factures.
Des créances détenues sur de grands groupes, des ETI solides, des administrations ou des organismes publics peuvent constituer une base de financement intéressante, sous réserve de leur éligibilité et de l'absence de litige.
À l'inverse, un portefeuille composé de clients très fragiles, récents ou déjà en retard de paiement peut limiter les possibilités de financement.
Bon à savoir : une PME au bilan encore modeste peut parfois obtenir une solution d'affacturage intéressante si elle facture des clients particulièrement solvables.
5. Le risque d'impayé est-il important ?
Le risque client ne doit pas être analysé uniquement sous l'angle du financement. Il faut également mesurer les conséquences qu'aurait la défaillance d'un débiteur important.
Si un client représentant 20 %, 30 % ou davantage du chiffre d'affaires cesse brutalement de payer, l'impact peut être considérable sur la trésorerie et la rentabilité.
Dans cette situation, une formule d'affacturage intégrant une garantie contre certains impayés peut apporter une sécurité supplémentaire. À l'inverse, un crédit de trésorerie ne protège pas contre la défaillance du client : la banque doit toujours être remboursée, même si la facture financée ne l'est pas.
Erreur fréquente : considérer que le financement et la protection contre les impayés sont la même chose. Ce sont deux fonctions différentes, qui peuvent être réunies dans certaines offres d'affacturage.
6. L'entreprise dispose-t-elle de garanties bancaires ?
L'accès au crédit dépend notamment de la situation financière de l'entreprise, de son historique, de son niveau d'endettement et des garanties qu'elle peut proposer.
Lorsque l'entreprise dispose d'un bilan solide, de fonds propres suffisants et d'une relation bancaire ancienne, elle peut obtenir des conditions de crédit de trésorerie très compétitives.
En revanche, lorsque les garanties sont limitées, l'affacturage peut parfois constituer une alternative, notamment si les créances clients sont de bonne qualité. Le financement repose alors davantage sur la réalité des factures et la solvabilité des débiteurs.
Cela peut être particulièrement utile pour les entreprises de services, de conseil, d'intérim ou de transport qui génèrent du chiffre d'affaires mais disposent de peu d'actifs à donner en garantie.
7. Combien coûte réellement la gestion du poste clients ?
Le calcul ne doit pas s'arrêter au taux de financement. Pour comparer correctement les deux solutions, il faut aussi mesurer ce que coûte réellement le suivi des créances clients.
Ce coût comprend notamment :
Une solution d'affacturage peut sembler plus coûteuse qu'un simple crédit bancaire si l'on compare uniquement les commissions. Mais si elle permet également de déléguer une partie de la gestion du poste clients, la comparaison doit intégrer le coût administratif économisé et le temps libéré.
Point de contrôle : il faut comparer un coût global avec un autre coût global, et non une commission d'affacturage avec un simple taux d'intérêt bancaire.
8. Quelle solution restera adaptée dans deux ans ?
Un financement suffisant aujourd'hui peut devenir trop limité si le chiffre d'affaires et le besoin en fonds de roulement augmentent rapidement.
C'est pourquoi il est utile de raisonner non seulement sur la situation actuelle, mais aussi sur les perspectives de l'entreprise à 12, 24 ou 36 mois.
Une ligne bancaire de 100 000 € peut parfaitement convenir aujourd'hui, puis devenir insuffisante si le chiffre d'affaires double. À l'inverse, une solution d'affacturage peut évoluer plus naturellement avec le volume de factures financées, sous réserve des plafonds et des encours autorisés.
Il faut également tenir compte de l'évolution probable du portefeuille clients, des délais de paiement, de la saisonnalité et des projets de développement.
En résumé : si le besoin de trésorerie est ponctuel, clairement identifié et que l'entreprise dispose d'une bonne capacité d'emprunt, le crédit de trésorerie peut être particulièrement pertinent. Si le besoin provient durablement des délais clients, augmente avec le chiffre d'affaires ou s'accompagne d'un besoin de gestion et de sécurisation du poste clients, l'affacturage mérite généralement une analyse approfondie.
Mini-arbre de décision
Votre besoin de trésorerie provient principalement des délais de paiement clients ?
Oui : étudier l'affacturage.
Non : étudier d'abord le crédit de trésorerie.
Votre chiffre d'affaires augmente rapidement ?
Oui : une solution évolutive comme l'affacturage peut être avantageuse.
Vous recherchez une enveloppe ponctuelle, disponible librement ?
Oui : le crédit de trésorerie peut être plus adapté.
Vous souhaitez également protéger vos créances contre les impayés ?
Oui : examiner une solution d'affacturage intégrant une garantie.
Votre banque vous propose une ligne de financement importante à un coût faible ?
Oui : comparer le coût de cette ligne avec le coût complet de l'affacturage avant de décider.
Erreurs fréquentes
Avant de choisir entre affacturage et crédit de trésorerie, il est essentiel d'éviter certaines erreurs d'analysed qui peuvent fausser la comparaison, augmenter le coût du financement ou fragiliser inutilement la trésorerie de l'entreprise.
1. Comparer uniquement les taux
Un taux de crédit bancaire ne peut pas être mis directement en regard d'une commission d'affacturage lorsque celle-ci rémunère à la fois le financement, la gestion des créances et éventuellement une garantie contre les impayés.
2. Attendre que la trésorerie soit déjà en crise
Les possibilités de financement sont généralement plus larges lorsque l'entreprise présente encore une situation financière saine. Attendre que les tensions deviennent critiques réduit souvent la marge de manœuvre.
3. Sous-estimer la croissance du BFR
Une hausse du chiffre d'affaires peut aussi entraîner une augmentation du poste clients. Une entreprise peut donc vendre davantage tout en consommant plus de trésorerie.
4. Utiliser tout son découvert pour financer les clients
Mobiliser en permanence l'intégralité d'une ligne bancaire pour absorber les délais clients prive l'entreprise d'une réserve qui pourrait servir à d'autres besoins.
5. Ne pas calculer le coût des impayés
Le coût d'une créance importante devenue irrécouvrable peut être considérable. Il doit être intégré à la réflexion au même titre que le coût du financement.
FAQ : questions et réponses
Pas forcément. Son coût apparent peut être supérieur à celui d'un simple crédit, mais la comparaison doit porter sur l'ensemble des prestations. Selon le contrat, l'affacturage peut associer financement, gestion des encaissements, relance, recouvrement et couverture du risque d'impayé.
Oui, dans certaines situations. L'analyse ne repose pas uniquement sur l'ancienneté de l'entreprise : la qualité des créances et la solvabilité des clients peuvent également jouer un rôle important dans l'étude du dossier.
Certaines solutions d'affacturage ponctuel ou spot permettent de sélectionner les factures à financer, sous réserve des conditions et de l'acceptation du factor.
Un crédit bancaire constitue une dette financière. Le traitement comptable d'une opération d'affacturage dépend, de son côté, de la structure du contrat et des normes comptables applicables.
Non. L'affacturage n'empêche pas un client de devenir défaillant. En revanche, certaines formules incluent une assurance-crédit destinée à couvrir le risque d'insolvabilité dans les conditions prévues au contrat.
Oui. Recourir à l'affacturage ne nécessite pas de changer de banque principale. Les deux relations peuvent parfaitement coexister.
Cela dépend de la formule d'affacturage retenue. Dans un contrat notifié, le client est informé de la cession. Certaines solutions d'affacturage peuvent en revanche fonctionner de manière confidentielle.
Lorsque la croissance provoque une augmentation rapide du poste clients, l'affacturage présente l'avantage de pouvoir évoluer avec le volume des créances éligibles. Une ligne bancaire fixe peut, de son côté, nécessiter une nouvelle négociation lorsqu'elle atteint son plafond.
Souvent, oui, lorsqu'il s'agit d'un besoin temporaire, clairement identifié et prévisible. Une ligne de trésorerie permet alors de financer le décalage sans nécessairement mettre en place un financement permanent du poste clients.
Dans certaines entreprises, l'affacturage peut couvrir une grande partie du besoin de financement lié aux créances clients. Conserver plusieurs sources de financement reste néanmoins utile pour disposer d'une solution adaptée aux besoins qui ne dépendent pas directement du poste clients.