RCS : explication du registre du commerce

Le RCS est l'un de ces sigles qu'on croise partout (Kbis, factures, banques, factors…) sans toujours savoir ce qu'il prouve exactement. Pourtant, c'est un réflexe de sécurité juridique : qui est l'entreprise, où est-elle immatriculée, qui la dirige, et quelle est sa situation officielle ?

Dans une relation commerciale, ces infos évitent beaucoup de mauvaises surprises et, côté financement (affacturage notamment), elles conditionnent souvent l'ouverture d'un dossier.

📌 L'essentiel à retenir

Le RCS (Registre du commerce et des sociétés) centralise les informations légales des entreprises commerciales immatriculées en France. Le numéro RCS reprend le SIREN + la mention RCS + la ville d'immatriculation. On le retrouve sur l'extrait Kbis, qui sert de “carte d'identité” officielle de la société. L'immatriculation est une étape clé pour exercer légalement et rendre l'entreprise consultable publiquement. Le registre contient des données sur la forme juridique, le siège, les dirigeants, le capital, et certaines procédures. En affacturage, le RCS et le Kbis est un prérequis documentaire : le factor vérifie l'existence légale et la cohérence des informations.

Définition du RCS

Le RCS ou Registre du commerce et des sociétés est une base qui centralise les informations légales des établissements commerciaux. Il a été créé en 1919 pour constituer une base de connaissance sur les entreprises françaises. Le répertoire ainsi que les documents originaux sont tenus par l'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle).

Il existe différents types de structures qui peuvent être enregistrées au RCS : Les entreprises individuelles, à responsabilité limitée (SARL), les sociétés anonymes (SA), par actions simplifiées (SAS) et en nom collectif (SNC) sont quelques exemples. Chacun de ces types de structures a des exigences et des formalités d'enregistrement différentes.

Définition du RCS - Registre du commerce et des sociétés

Qu'est-ce que le RCS ?

RCS pour les entreprises

L'enregistrement des entreprises au Registre du commerce et des sociétés (RCS) est un élément crucial de la vie des entités commerciales pour exercer leur activité en toute légalité. Le RCS est un registre public qui contient des informations officielles sur les sociétés. Il est géré par les Chambres de Commerce et d'Industrie (CCI) et est accessible à tout le monde.

Le RCS a pour objectif de faciliter la transparence et la confiance dans les relations commerciales en fournissant des informations fiables et actualisées sur les entreprises.

C'est quoi le numéro RCS ?

Le numéro RCS est comporte 3 informations : le N° SIREN, la mention « RCS » et le nom de ville d'immatriculation. C'est pour cette raison que l'on associe souvent le numéro RCS avec le Siren.

Quelle est la différence entre le numéro RCS et le Siren ?

Comme indiqué dans le paragraphe au-dessus, le N° de RCS correspond au numéro de Siren avec en plus l'indication de la ville d'immatriculation. C'est la preuve officielle de l'inscription au registre du commerce et des sociétés. C'est pour cette raison que les factors demandent souvent un extrait Kbis de moins de 3 mois pour constituer un dossier de demande de factoring.

Où trouver le RCS de ma société ?

Le N° RCS d'une entreprise se trouve dans l'extrait Kbis de la société. C'est un numéro unique et invariable. L'extrait du registre du commerce et des sociétés est obtenu auprès du greffe du Tribunal de commerce dont le siège social de la société dépend.

Comment enregistrer une entreprise au Registre du commerce ?

Pour enregistrer une entreprise au RCS, il faut suivre différentes étapes. Tout d'abord, il faut remplir un formulaire d'immatriculation en ligne ou en papier auprès de la CCI compétente. Ce document doit contenir des informations sur l'entité commerciale comme son nom, son adresse, son activité principale, le nom de ses actionnaires, etc. Il est également nécessaire de fournir des documents tels que les statuts de l'entreprise, un extrait Kbis (immatriculation au RCS) et un justificatif de domicile.

Quand s'immatriculer au RCS ?

Une entreprise doit s'immatriculer entre le mois qui précède le début d'activité et les 15 jours qui suivent le démarrage de la société.

Bon à savoir Sur les factures, la mention du N° de 9 chiffres du SIREN est obligatoire. Pour les commerçants c'est le numéro RCS qui doit figurer obligatoirement. Si la société est en cours de création, la facture doit préciser le Siret en cours d'attribution.

Quelles sont les informations contenues dans le RCS ?

Une fois enregistrée, une entreprise est inscrite au RCS et des informations sur elle sont disponibles pour tout le monde. Ces données comprennent le nom de la société, son adresse, son activité principale, le nom de ses actionnaires et de ses dirigeants, le capital social, les bilans et les comptes de résultats, etc. Il est important de noter que ces renseignements doivent être mises à jour régulièrement pour être fiables.

Par exemple, si un dirigeant quitte l'entreprise, cette information doit être mise à jour dans le RCS. L'accès aux informations contenues dans le RCS est public. Cela signifie que n'importe qui peut consulter les données sur une structure inscrite au RCS, en ligne ou en se rendant à la CCI compétente. Cela permet aux entreprises et aux particuliers de vérifier les indications sur une entité commerciale avant de signer un contrat.

Présentation des informations qui sont enregistrées dans le RCS :

  • Les informations juridiques de l'entreprise : forme juridique, son siège social, son numéro SIRET, sa date de création, etc.
  • Les renseignements relatifs aux dirigeants : comme leur nom, leur adresse, leur qualité (gérant, associé, etc.) et leur date de début et de fin de mandat.
  • Aux actions de l'entreprise : comme le capital social, les augmentations et diminutions de capital, les apports en nature, etc.
  • Aux procédures judiciaires et administratives en cours ou terminées : redressement et liquidation judiciaire, etc.
  • Les informations relatives aux immatriculations et radiations : inscription et suppression au RCS.

Les entreprises sont tenues de mettre à jour les données qui y sont enregistrées, et de signaler tout changement dans un délai de 15 jours. Le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions administratives. Les informations du RCS sont utilisées pour des fins commerciales, juridiques, financières, fiscales et statistiques.

Le RCS et l'affacturage

Rappelons que l'affacturage est une technique financière qui permet à une entreprise de céder à un tiers (généralement une société de factoring) ses créances commerciales en échange d'un avance de trésorerie. En d'autres termes, la structure cède à une société d'affacturage le droit de percevoir ses factures impayées, en échange d'un paiement immédiat.

Comme nous l'avons vu, le Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) est un répertoire public qui recense les renseignements juridiques et financières des entreprises immatriculées en France. Il est géré par les Chambres de Commerce et d'Industrie (CCI) locales. Les sociétés doivent s'inscrire au RCS lorsqu'elles sont créées, et doivent ensuite tenir à jour les informations qui y figurent.

Il existe une relation entre le factoring et le RCS car les établissements qui souhaitent recourir à l'affacturage doivent être inscrites au RCS. En effet, seules les structures enregistrées peuvent céder leurs créances commerciales à une société de factoring. De plus, les factors doivent également être immatriculés au RCS afin d'être en règle vis-à-vis de la réglementation française. Enfin, les entreprises qui ont recours à l'affacturage doivent tenir à jour leur RCS en y mentionnant les cessions de créances qui ont été effectuées.

En résumé, l'affacturage permet à une entité commerciale de céder ses créances commerciales en échange d'une avance de trésorerie, mais cette entreprise doit être immatriculée au RCS. De même, les affactureurs doivent également être immatriculés. Enfin, les établissements commerciaux qui ont recours à l'affacturage doivent tenir à jour leur RCS en y mentionnant les cessions de créances qui ont été effectuées.

La gestion du risque crédit : RCS et affacturage comme outils complémentaires

La gestion du risque crédit occupe une place centrale dans la stratégie financière de toute entreprise. Le risque crédit désigne le danger qu'un débiteur ne règle pas ses dettes à l'échéance convenue, exposant ainsi son fournisseur à une perte financière potentiellement grave.

Face à ce risque, deux instruments se révèlent particulièrement complémentaires : le Registre du Commerce et des Sociétés (RCS), outil d'identification et de transparence juridique, et l'affacturage, mécanisme de financement et de transfert du risque. Ensemble, ils forment un dispositif cohérent permettant d'identifier, d'évaluer et de couvrir le risque d'impayé tout au long de la vie commerciale d'une entreprise.

1. Identification et évaluation des débiteurs via le RCS

Le RCS comme source d'information précontractuelle

Avant d'entrer en relation commerciale avec un nouveau client ou partenaire, toute entreprise prudente procède à une vérification de son existence juridique et de sa solidité apparente. Le RCS constitue la première source d'information objective et opposable aux tiers.

À travers la consultation d'un extrait Kbis, il est possible d'obtenir les informations suivantes :

  • la dénomination sociale et la forme juridique de l'entreprise ;
  • le numéro SIREN et le numéro RCS ;
  • l'adresse du siège social ;
  • l'identité des dirigeants et représentants légaux ;
  • la date de création et d'immatriculation ;
  • le capital social déclaré ;
  • l'objet social et le code NAF/APE ;
  • les éventuelles procédures collectives en cours (redressement, liquidation judiciaire).

Ces données permettent d'effectuer un premier niveau de due diligence avant tout engagement contractuel. Une entreprise dont le capital social est très faible, dont le siège social est instable ou dont les dirigeants ont été récemment remplacés peut constituer un signal d'alerte justifiant une vigilance accrue.

La détection des signaux faibles à travers le RCS

Le RCS ne se limite pas à photographier la situation d'une entreprise à un instant donné. Son suivi dans le temps permet de détecter des évolutions préoccupantes susceptibles d'annoncer des difficultés financières :

  • changement fréquent de dirigeants : une rotation anormalement élevée peut indiquer des tensions internes ou une instabilité de gouvernance ;
  • réduction du capital social : un signe possible de pertes importantes absorbées par les fonds propres ;
  • transfert de siège social répété : parfois associé à des stratégies d'évitement ou de restructuration précipitée ;
  • ouverture d'une procédure collective : redressement judiciaire ou liquidation, publiés au BODACC et mentionnés au RCS, qui signalent une défaillance imminente ou avérée.

Ces signaux, accessibles via des services de veille juridique connectés au RCS (Infogreffe, Societe.com, Ellisphere, Altares…), permettent aux entreprises d'anticiper le risque d'impayé et d'adapter leurs conditions de paiement, voire de suspendre les livraisons à crédit.

Les limites du RCS dans l'évaluation du risque

Si le RCS est un outil précieux, il présente néanmoins des limites importantes à ne pas négliger :

  • les informations peuvent être publiées avec retard : une entreprise en difficulté peut continuer à apparaître saine dans le registre si les formalités de mise à jour n'ont pas encore été effectuées ;
  • le RCS ne donne aucune information financière directe : il ne contient ni bilans, ni comptes de résultat, ni données sur les flux de trésorerie ;
  • la qualité des informations déclarées dépend de la bonne foi et de la diligence des dirigeants ;
  • il ne permet pas d'évaluer la capacité réelle de paiement d'un débiteur à un moment précis.

C'est pourquoi le RCS doit être complété par d'autres outils d'analyse, notamment les scores de crédit fournis par des agences spécialisées, les bilans déposés au greffe, et surtout, les mécanismes propres à l'affacturage.

2. Le factor et la surveillance des entreprises clientes

Le rôle d'analyste crédit du factor

Le factor ne se contente pas de financer les créances qui lui sont cédées : il joue un rôle actif et continu dans l'évaluation et la surveillance du risque crédit des débiteurs. C'est d'ailleurs l'une des valeurs ajoutées majeures de l'affacturage par rapport à un simple crédit de trésorerie.

Lorsqu'une entreprise (le cédant) souhaite céder ses créances sur un client (le débiteur), le factor commence par agréer ou non ce débiteur, c'est-à-dire évaluer si le risque présenté par ce dernier est acceptable. Cette évaluation repose sur :

  • la consultation des bases de données juridiques et financières, dont le RCS fait partie ;
  • l'analyse des bilans et comptes de résultat déposés au greffe ;
  • la consultation des scores et ratings fournis par des agences spécialisées (Banque de France, Coface, Euler Hermes…) ;
  • l'historique de paiement du débiteur ;
  • la structure du secteur d'activité et sa sensibilité conjoncturelle.

L'agrément des débiteurs et la ligne d'encours

Sur la base de cette analyse, le factor attribue à chaque débiteur agréé une ligne d'encours, c'est-à-dire un plafond de créances qu'il accepte de prendre en charge. Ce plafond peut être :

  • illimité pour des débiteurs de premier rang (grandes entreprises cotées, collectivités publiques) ;
  • plafonné pour des entreprises présentant un risque modéré ;
  • refusé pour des débiteurs jugés trop risqués (entreprises en procédure collective, mauvais payeurs connus).

Cette mécanique d'agrément constitue en elle-même un signal fort pour le cédant : si le factor refuse d'agréer un client, cela doit alerter sur la qualité de ce dernier et inciter à reconsidérer les conditions commerciales offertes.

La surveillance continue des débiteurs

La relation entre le factor et le cédant ne se limite pas à un agrément initial. Le factor assure une surveillance dynamique du portefeuille de débiteurs tout au long du contrat. Cette surveillance s'appuie notamment sur :

  • des alertes automatisées liées aux événements publiés au RCS (procédure collective, changement de dirigeant, dissolution…) ;
  • la veille BODACC (Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales), qui publie les jugements d'ouverture de procédures collectives ;
  • le suivi des retards de paiement et des impayés constatés sur le portefeuille.

En cas de détérioration de la situation d'un débiteur, le factor peut réviser à la baisse la ligne d'encours, voire la suspendre, protégeant ainsi à la fois ses propres intérêts et ceux du cédant. Cette réactivité est rendue possible grâce aux interconnexions entre les bases de données publiques (dont le RCS) et les systèmes d'information des sociétés d'affacturage.

La radiation du RCS

1. Qu'est-ce que la radiation du RCS ?

La radiation du RCS correspond à la suppression définitive d'une entreprise du Registre du Commerce et des Sociétés. Elle marque officiellement la fin de l'existence juridique et commerciale de la société. Une entreprise radiée n'apparaît plus dans les recherches publiques du registre et ne peut plus exercer d'activité commerciale légale.

La radiation est une étape incontournable dans le processus de fermeture d'une entreprise. Elle intervient après la dissolution et la liquidation de la société, et produit des effets juridiques importants, notamment vis-à-vis des tiers, des créanciers et de l'administration fiscale.

2. Les causes de radiation

Il existe deux grandes catégories de radiation :

La radiation volontaire

Elle est demandée par le dirigeant lui-même lorsque l'entreprise cesse définitivement son activité. Les principales situations concernées sont :

  • la cessation totale et définitive d'activité d'une entreprise individuelle ;
  • la dissolution amiable suivie de la liquidation d'une société (SARL, SAS, SA…) ;
  • la transmission universelle de patrimoine dans le cadre d'une fusion ou d'une absorption ;
  • la clôture de liquidation après partage des actifs entre associés.

Dans ces cas, c'est le liquidateur ou le dirigeant qui dépose la demande de radiation auprès du greffe du tribunal de commerce compétent, via le guichet unique de l'INPI.

La radiation judiciaire ou administrative

Elle peut être prononcée sans demande du dirigeant, dans les cas suivants :

  • clôture d'une procédure de liquidation judiciaire : lorsque le tribunal de commerce prononce la clôture pour insuffisance d'actif, la radiation est automatiquement notifiée au greffe ;
  • radiation d'office : le greffe peut radier une entreprise qui n'a plus d'activité réelle et n'a pas régularisé sa situation malgré plusieurs relances ;
  • décès du dirigeant d'une entreprise individuelle sans reprise d'activité par un ayant droit ;
  • non-renouvellement ou expiration de certaines autorisations administratives nécessaires à l'activité.

3. La procédure de radiation volontaire

La demande de radiation suit un processus formalisé :

  • décision de dissolution : pour une société, une assemblée générale extraordinaire vote la dissolution et nomme un liquidateur ;
  • publication d'un avis de dissolution dans un journal d'annonces légales (JAL) ;
  • dépôt au greffe du procès-verbal de dissolution et de la déclaration de radiation via le guichet unique de l'INPI ;
  • liquidation des actifs : le liquidateur règle les dettes, recouvre les créances et partage le solde entre les associés ;
  • dépôt des comptes de liquidation et publication d'un second avis dans un JAL ;
  • radiation définitive prononcée par le greffe après vérification du dossier.

Le délai de traitement par le greffe est généralement de quelques jours à deux semaines selon le tribunal compétent.

4. Les effets juridiques de la radiation

La radiation du RCS produit plusieurs conséquences importantes :

  • perte de la personnalité morale : la société n'existe plus juridiquement ;
  • opposabilité aux tiers : la radiation est publiée au BODACC ;
  • clôture des comptes bancaires professionnels et cessation des obligations fiscales et sociales courantes ;
  • maintien de certaines responsabilités : la radiation n'efface pas automatiquement les dettes antérieures.

5. Radiation et affacturage : quelles conséquences ?

Dans le cadre d'une relation d'affacturage, la radiation d'un débiteur ou du cédant lui-même a des conséquences directes :

  • si le débiteur est radié, les créances cédées au factor deviennent très difficiles à recouvrer ;
  • si le cédant est radié, le contrat d'affacturage prend fin de plein droit ;
  • la veille sur le RCS pratiquée par les factors permet justement de détecter en temps réel toute procédure de radiation ou de liquidation affectant les entreprises de leur portefeuille.

Les modifications au RCS

1. Pourquoi déclarer les modifications au RCS ?

Le RCS n'est utile que si les informations qu'il contient sont fiables, exactes et à jour. C'est pourquoi la loi impose aux entreprises immatriculées de déclarer toute modification substantielle affectant leur situation juridique, commerciale ou organique dans un délai de 15 jours à compter de l'événement concerné.

Cette obligation de mise à jour garantit la fiabilité du registre pour tous ses utilisateurs : partenaires commerciaux, banques, factors, administrations fiscales et sociales, et juridictions compétentes.

2. Les principales modifications à déclarer

Modifications relatives à l'entreprise elle-même

  • changement de dénomination sociale ;
  • transfert de siège social ;
  • changement d'activité ou extension de l'objet social ;
  • modification du capital social ;
  • changement de forme juridique.

Modifications relatives aux dirigeants

  • nomination d'un nouveau dirigeant ;
  • cessation de fonctions d'un dirigeant ;
  • modification des pouvoirs.

Modifications relatives aux associés et au capital

  • cession de parts sociales ou d'actions ;
  • entrée ou sortie d'un associé majoritaire ;
  • constitution ou mainlevée de nantissement sur les parts sociales.

Autres modifications

  • ouverture d'un établissement secondaire ;
  • changement d'adresse personnelle d'un dirigeant ;
  • mise en sommeil de l'entreprise.

3. La procédure de déclaration de modification

Depuis la réforme du guichet unique en janvier 2023, toutes les formalités de modification au RCS s'effectuent exclusivement en ligne via le portail de l'INPI. Cette dématérialisation a remplacé les anciens formulaires papier M2 et M3 déposés auprès des CFE.

La procédure se déroule en plusieurs étapes :

  • connexion au guichet unique avec les identifiants de l'entreprise ;
  • sélection du type de modification ;
  • téléchargement des pièces justificatives ;
  • validation et transmission au greffe compétent ;
  • traitement par le greffe et mise à jour du RCS ;
  • publication au BODACC pour les modifications concernant les tiers.

4. Les délais et les coûts

  • délai légal de déclaration : 15 jours à compter de l'événement modificatif ;
  • délai de traitement par le greffe : généralement 3 à 10 jours ouvrés ;
  • coût : les frais de greffe varient selon la nature de la modification, généralement entre 50 et 200 euros.

5. Conséquences d'un défaut de mise à jour

Le non-respect de l'obligation de mise à jour du RCS expose l'entreprise à plusieurs risques :

  • sanctions administratives ;
  • inopposabilité aux tiers ;
  • perte de crédibilité auprès des partenaires financiers ;
  • risque de responsabilité personnelle du dirigeant.

6. Modifications au RCS et affacturage

Dans le cadre d'un contrat d'affacturage, les modifications du RCS ont une importance pratique directe :

  • le factor exige généralement un Kbis de moins de 3 mois lors de l'entrée en relation, mais aussi à intervalles réguliers ;
  • tout changement de dirigeant doit être signalé au factor ;
  • un transfert de siège social vers un autre ressort peut nécessiter la mise à jour des documents contractuels ;
  • une modification du capital ou de la forme juridique peut déclencher une révision des conditions du contrat d'affacturage.

Les sanctions en cas de non-respect des obligations liées au RCS

1. Pourquoi des sanctions ?

L'efficacité du RCS comme outil de transparence et de sécurité juridique repose entièrement sur l'exactitude et l'exhaustivité des informations qu'il contient. Pour garantir cette fiabilité, le législateur a prévu un ensemble de sanctions applicables aux entreprises et dirigeants qui ne respectent pas leurs obligations d'immatriculation, de mise à jour ou de radiation.

Ces sanctions sont de nature diverse : administrative, civile et pénale, et peuvent toucher aussi bien la personne morale que le dirigeant à titre personnel.

2. Les sanctions administratives

L'injonction de faire

Le président du tribunal de commerce peut, à la demande du greffe ou de tout intéressé, adresser une injonction de faire au dirigeant défaillant. Cette injonction lui ordonne de régulariser sa situation dans un délai fixé, sous peine d'astreinte journalière.

L'astreinte est une somme d'argent que le dirigeant doit payer pour chaque jour de retard après l'expiration du délai fixé. Elle peut rapidement devenir significative si la régularisation tarde.

La radiation d'office

Lorsqu'une entreprise ne répond plus aux sollicitations du greffe et semble avoir cessé toute activité sans procéder à sa radiation volontaire, le greffe peut procéder à une radiation d'office. Cette mesure est précédée d'une mise en demeure restée sans réponse.

La radiation d'office ne dispense pas l'entreprise de ses obligations fiscales et sociales antérieures, et peut compliquer les démarches ultérieures de ses dirigeants.

3. Les sanctions civiles

L'inopposabilité aux tiers

Toute modification substantielle non déclarée au RCS dans les délais légaux est inopposable aux tiers qui en ignoraient l'existence. Concrètement, si une entreprise change de dirigeant sans le déclarer au RCS et que l'ancien dirigeant signe un contrat engageant la société, ce contrat pourra être considéré comme valable vis-à-vis du tiers de bonne foi.

Cette règle vise à protéger les partenaires commerciaux qui se fient aux informations publiées, mais elle peut se retourner contre l'entreprise elle-même en créant des engagements non souhaités.

La responsabilité civile du dirigeant

Un dirigeant qui, par négligence ou mauvaise foi, omet de mettre à jour le RCS et cause ainsi un préjudice à un tiers peut voir sa responsabilité civile personnelle engagée. La victime peut alors réclamer des dommages et intérêts en justice pour réparer le préjudice subi.

Cette responsabilité est particulièrement susceptible d'être engagée dans les cas suivants :

  • omission de déclarer une procédure collective ;
  • non-déclaration d'un changement de dirigeant ayant conduit un tiers à contracter avec une personne non habilitée ;
  • maintien d'une adresse de siège social erronée ayant empêché la délivrance d'actes judiciaires.

4. Les sanctions pénales

Les infractions pénales liées au RCS

Le Code de commerce prévoit des sanctions pénales pour les manquements les plus graves aux obligations d'immatriculation et de déclaration. Parmi les infractions les plus courantes :

  • exercice d'une activité commerciale sans immatriculation : passible d'une amende pouvant atteindre 7 500 euros ;
  • déclaration de fausses informations au RCS : constitutive du délit de faux et usage de faux ;
  • omission volontaire de déclarer un événement obligatoire dans un but frauduleux.

Les sanctions en cas de procédure collective

Dans le cadre d'une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire, les manquements aux obligations RCS peuvent aggraver la situation du dirigeant :

  • la faillite personnelle peut être prononcée à l'encontre d'un dirigeant ayant tenu une comptabilité fictive ou fait disparaître des documents ;
  • l'interdiction de gérer est une sanction accessoire fréquemment prononcée contre les dirigeants défaillants.

Tableau récapitulatif des sanctions

Type de manquement Nature de la sanction Autorité compétente
Défaut d'immatriculation Amende jusqu'à 7 500 € Tribunal correctionnel
Retard de mise à jour Injonction + astreinte journalière Président du tribunal de commerce
Fausse déclaration 3 ans d'emprisonnement + 45 000 € Tribunal correctionnel
Absence de radiation Radiation d'office Greffe du tribunal de commerce
Préjudice causé à un tiers Dommages et intérêts Tribunal civil ou commercial
Faute de gestion en procédure collective Interdiction de gérer jusqu'à 15 ans Tribunal de commerce

Sanctions et affacturage : un lien indirect mais réel

Dans le contexte de l'affacturage, les sanctions liées au RCS ont une résonance particulière :

  • un Kbis comportant de fausses informations transmis à un factor dans le cadre d'une demande de financement peut constituer une escroquerie ;
  • la dissimulation d'une procédure collective en cours lors de la signature d'un contrat d'affacturage expose le dirigeant à des poursuites ;
  • les factors intègrent désormais la vérification des alertes RCS dans leurs processus de conformité, notamment dans le cadre de la lutte contre le blanchiment et la fraude documentaire.
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