Loi LME délai de paiement des factures entreprises

La Loi LME, ou Loi de Modernisation de l'Économie, encadre les délais de paiement entre entreprises afin de limiter les abus, réduire le crédit interentreprises et protéger la trésorerie des fournisseurs.

En pratique, elle fixe des règles précises : un délai de paiement de 30 jours par défaut, avec la possibilité de prévoir contractuellement 45 jours fin de mois ou 60 jours nets à compter de l'émission de la facture.

Pour les entreprises, bien maîtriser ces délais permet d'éviter les tensions de trésorerie, les litiges commerciaux, les pénalités de retard et le besoin excessif de financement court terme comme l'affacturage.

📌 L'essentiel à retenir

La loi LME encadre les délais de paiement entre entreprises pour réduire les règlements tardifs et protéger la trésorerie des fournisseurs. Sans accord spécifique, le délai standard est de 30 jours après réception des marchandises ou exécution de la prestation. Il peut être porté à 45 jours fin de mois ou 60 jours nets lorsque les conditions sont prévues entre les parties.

En cas de dépassement, l'entreprise peut appliquer des pénalités de retard et réclamer les sommes dues dès le lendemain de l'échéance. Pour limiter l'impact des délais clients, l'affacturage permet de financer les factures avant leur règlement et d'améliorer le besoin en fonds de roulement.

Définition de la Loi LME

La Loi de Modernisation de l'Économie (LME LOI n° 2008-776 du 4 août 2008) a pour objectif de favoriser le développement des PME et stimuler la croissance économique en France en simplifiant le fonctionnement et la gestion des petites et moyennes entreprises. Une des pistes importantes de cette loi est de mettre en place une politique pour diminuer les délais de paiement et de réduire les crédits inter-entreprises qui pénalisent leur trésorerie. Le crédit interentreprises correspond aux sommes d'argent payées avec un certain délai que les sociétés s'accordent entre elles afin de donner un avantage commercial pour le règlement des fournisseurs et des clients.

LME : loi de modernisation de l'économie
Cette pratique commerciale permet de faire bénéficier à son client un crédit sans passer par le système bancaire. Pour le fournisseur, cela suppose d'avoir une trésorerie suffisante ou de faire appel à du financement court terme comme une solution d'affacturage . Le risque de ce système pour le fournisseur est de voir sa créance non réglée dans les temps, voir dans le pire des cas, d'avoir un impayé, provoquant des problèmes de liquidités sur le long terme. Par ailleurs, le credit inter-entreprise augmente le besoin en trésorerie et en fonds de roulement pour les fournisseurs.

Loi LME : les délais de paiement

Les délais de réglement entre les entreprises sont fixés et plafonnés par l'article L441-6 du code de commerce :

  • Par défaut sans accord entre les parties, le délai de paiement est de 30 jours suivant la date de réception des marchandises ou de fin d'exécution de la prestation.
  • En cas de négociation, la période est fixé à 45 jours fin de mois à compter de la date d'émission de la facture
  • Dans tous les cas, il ne peut pas dépasser 60 jours nets (calendaires) à compter de la date d'envoi de la créance.

Pour rappel, le calcul des 45 jours fin de mois n'est pas imposé par la loi, vous pouvez donc choisir le mode de comptabilisation. Pour calculer, le délai des 45 journées à la fin du mois d'émission de la facture, il est possible soit d'ajouter 45 jours à la fin du mois de l'envoi de la créance puis de prendre la dernière journée du mois en référence. Dans tous les cas, le mode de calcul doit être défini à l'avance avant de facturer afin d'éviter tout litige.

N'oubliez pas que les versements des créances ne peuvent être effectués ni les week-ends et ni un jour férié. Donc si le règlement tombe pendant ces jours, le réglement doit être reporté au premier ou au dernier jour ouvré précédemment à la date limite.

Exemples de calcul de paiement fixé à 30 jours :

Exemple n°1 : Soit une facture reçue le mardi 10 septembre 2019, elle devra être payée avant le jeudi 10 octobre 2019 à minuit (le mardi 10 n'étant pas inclus, on rajoute 30 journées, ce qui nous donne le jeudi 10 otocbre 2019).

Exemple n°2 : Soit une créance reçue le jeudi 26 septembre 2019 doit être payée avant le lundi 28 octobre 2019 à minuit (le jeudi 26 n'étant pas inclus, on rajoute 30 jours, ce qui nous donne le samedi 26 octobre, or les 26 et 27 octobre étant respectivement un samedi et un dimanche, il faut décaler au lundi. Le délai prendra donc fin le lundi 28 octobre 2019 à minuit).

Bon à savoir Sur la facture, il est obligatoire de faire figurer les mentions suivantes : les délais de paiement, les conditions de règlement et générales de vente, les taux des pénalités de retard exigibles.

Les délais de paiement pour le secteur public

Les délais maximums de paiement entre les établissements publics sont fixés depuis le 1er mai 2013 :

  • 30 jours à l'ensemble des contrats pour l'Etat et les organismes publics (autres qu'EPIC)
  • 50 journées pour les établissements publics de santé et du service de santé des armées.
  • 60 jours pour les pouvoirs adjudicateurs mentionnés à l'article 3 de l'ordonnance du 6 juin 2005.

Les délais dérogatoires pour les délais de paiement

Dans certains secteurs comme les activités saisonnières, les transports, les produits périssables, les matériels agricoles, les articles de sports, les ventes de jouets, l'horlogerie et la bijouterie, il est possible de fixer des délais différents ou d'obtenir des jours supplémentaires au temps prévu.

Dans ces secteurs, il est possible de prendre la date de réception de la marchandise ou bien de la fin de réalisation de la prestation plutôt que de retenir la date de reception de la facture.

Les délais pour l'export

La loi LME n'intervient pas sur les crédit inter-entreprises en dehors de la France. Cependant, dans l'Union européenne, le délai de réglemeny maximum est de 60 jours pour les transactions commerciales entre les sociétés. Concernant l'international, il n'y a pas de limite maximum pour les nombres de journées de paiement. Vous pouvez continuer à facturer au-delà de 60 jours (90, 120, 150 et 180).

Pour les DOM-TOM, la loi LME prend en considération la durée du transport des marchandises, soit environ 30 jours de délai. Donc le démarrage commence seulement après 30 journées à la réception de la facture.

Attention, au-delà du problème des délais de paiement à l'international, le risque d'impayés dans certains secteurs d'activités devient plus important. C'est pour cette raison qu'il est conseillé de souscrire un contrat d'assurance crédit pour prendre en charge les conséquences de non réglement des créances.

Si vous avez des besoins de fonds de roulement à court terme, vous pouvez aussi souscrire un contrat d'affacturage pour céder vos créances à un factor en échange de financement de vos factures.

Les sanctions prévues

En cas de non-respect des délais de paiement, il est possible d'exiger une pénalité. Les indemnités de retard sont calculées en fonction du taux d'intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) majoré de 10%

Il est possible d'appliquer un taux spécifique lorsque celui-ci est spécifié dans les conditions générales de vente. Dans tous les cas, ce pourcentage ne peut être en dessous de 3 fois le taux de l'intérêt légal. Il était de 0,86 % au 1er semestre 2019. Les % sont à la baisse depuis 2016. Pour calculer le montant de la pénalité de retard, il faut multiplier le montant total de la facture par le nombre de jours de retardement et par le taux applicable sur la période. Les pénalités peuvent être réclamées le jour suivant de la date d'échéance de paiement de la créance.

Comment prévenir les retards de paiement avant l'échéance ?

Le respect de la loi LME ne suffit pas toujours à garantir un règlement ponctuel. Une entreprise peut accorder un délai conforme à la réglementation et subir malgré tout un décalage de trésorerie lorsque la facture est envoyée tardivement, mal adressée, incomplète ou bloquée dans le circuit de validation du client. La prévention commence donc dès la négociation commerciale et avant même l'émission de la facture.

Pour limiter les retards, le fournisseur doit formaliser les conditions de règlement dans le devis, le contrat et les conditions générales de vente. Il est utile d'identifier précisément l'adresse de facturation, le service comptable, le numéro de commande, le portail fournisseur éventuellement imposé et la personne chargée de valider la prestation. Une facture conforme mais transmise au mauvais interlocuteur peut rester plusieurs semaines sans être traitée.

  • Vérifier la solvabilité du client avant d'accorder un encours ou un délai important.
  • Fixer par écrit l'échéance, le mode de calcul du délai et les pénalités applicables.
  • Demander un acompte ou prévoir des paiements par étapes lorsque la prestation est longue ou mobilise des dépenses importantes.
  • Facturer immédiatement après la livraison, la réception ou l'achèvement de la prestation.
  • Conserver une preuve de transmission de la facture et des documents justifiant la livraison ou le service réalisé.
  • Contrôler l'acceptation de la facture quelques jours après son envoi, sans attendre l'échéance.
  • Programmer une relance préventive avant la date prévue afin de détecter un litige, un document manquant ou une erreur de saisie.

Conseil pratique : la date d'échéance doit être calculée et affichée clairement sur la facture. Les modalités de règlement, le taux des pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement doivent également figurer dans les documents commerciaux concernés. Une procédure de facturation rigoureuse réduit les contestations administratives qui retardent inutilement l'encaissement.

Que faire lorsqu'une facture dépasse sa date d'échéance ?

Une facture échue doit être traitée rapidement. Plus le retard s'allonge, plus le risque de difficulté financière, de contestation tardive ou d'impayé définitif augmente. L'objectif consiste à obtenir le règlement tout en distinguant un simple oubli administratif d'un véritable litige ou d'une dégradation de la solvabilité du client.

Vérifier la situation dès le premier jour de retard

Contrôlez l'échéance, le montant, les coordonnées bancaires, la réception de la facture et l'absence d'avoir ou de contestation. Contactez ensuite le service comptable pour connaître la date réelle de mise en paiement.

Relancer par écrit et demander un engagement précis

Une relance utile mentionne le numéro de facture, son montant, son échéance et la date de règlement attendue. Évitez les réponses imprécises comme « paiement prochainement » : demandez une date et conservez la trace des échanges.

Identifier rapidement un éventuel litige

Lorsque le client conteste une partie de la prestation, demandez une justification détaillée. La fraction non contestée doit être isolée et réclamée sans attendre la résolution du désaccord portant sur le solde.

Envoyer une mise en demeure en l'absence de règlement

Si les relances restent sans effet, adressez une mise en demeure précisant la somme due, le délai laissé au débiteur et les conséquences d'une absence de paiement. Les pénalités de retard sont exigibles à compter du lendemain de l'échéance, sans qu'un rappel préalable soit nécessaire, conformément à l'article L. 441-10 du Code de commerce.

Limiter l'exposition commerciale

Avant d'accepter une nouvelle commande, réévaluez l'encours accordé au client. Selon le contrat et la situation, l'entreprise peut demander un acompte, un paiement comptant, une garantie supplémentaire ou suspendre de nouvelles livraisons jusqu'à régularisation.

Engager un recouvrement amiable ou judiciaire

En dernier recours, la créance peut être confiée à un professionnel du recouvrement ou faire l'objet d'une procédure adaptée, telle qu'une injonction de payer. La créance doit être documentée, certaine, liquide et exigible pour faciliter son recouvrement.

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Bon à retenir le retard de paiement ouvre également droit à une indemnité forfaitaire de 40 € par facture pour frais de recouvrement dans les relations entre professionnels. Lorsque les frais réellement engagés dépassent cette somme, une indemnisation complémentaire peut être demandée sur justificatifs.

Affacturage et délais de paiement : comment financer l'attente du règlement ?

Les délais de paiement accordés aux clients représentent une forme de crédit commercial supportée par le fournisseur. Même lorsqu'ils respectent les plafonds prévus par la loi LME, des règlements à 30, 45 ou 60 jours peuvent créer un décalage important entre les dépenses engagées par l'entreprise et l'encaissement de ses ventes. L'affacturage permet de financer ce décalage en transformant les factures éligibles en trésorerie disponible avant leur échéance.

Après la signature du contrat, l'entreprise transmet au factor les factures émises sur des clients professionnels. L'affactureur analyse les débiteurs, vérifie la conformité des créances puis avance généralement une partie du montant financé. Le client règle ensuite la facture à la date prévue, soit directement au factor dans une formule notifiée, soit selon l'organisation convenue dans une solution confidentielle.

L'affacturage ne modifie pas le délai légal ou contractuel accordé au client. Il ne permet donc pas de facturer au-delà des plafonds autorisés par la loi LME. Son rôle est de fournir au créancier une avance de trésorerie pendant la période qui sépare l'émission de la facture de son paiement effectif.

  • Financer les factures dès leur émission, sans attendre 30, 45 ou 60 jours.
  • Adapter le financement à l'activité, puisque la capacité disponible évolue avec le montant des créances cédées.
  • Réduire la pression sur le besoin en fonds de roulement provoquée par les délais clients.
  • Externaliser tout ou partie du recouvrement et professionnaliser le suivi des échéances.
  • Ajouter une garantie contre l'insolvabilité lorsque le contrat prévoit une assurance-crédit ou une formule sans recours.
  • Financer des créances export ou publiques lorsqu'elles respectent les critères du factor et sont correctement documentées.

Les factures doivent généralement correspondre à des prestations réalisées, être certaines, exigibles à terme et ne pas faire l'objet d'un litige. Une facture déjà très en retard, contestée ou insuffisamment documentée peut être refusée ou financée sous conditions plus strictes. Il est donc préférable de mettre en place la solution avant que les retards ne fragilisent la trésorerie.

Exemple : une entreprise facture 80 000 € à un client professionnel avec un règlement prévu à 60 jours. En cédant cette créance au factor, elle peut recevoir une avance sans attendre l'échéance et utiliser les fonds pour régler ses salaires, ses fournisseurs ou ses charges. Le client conserve sa date de paiement contractuelle ; seule la trésorerie du fournisseur est accélérée.

Pour les donneurs d'ordre qui souhaitent soutenir leurs fournisseurs, le reverse factoring, aussi appelé affacturage inversé, peut également permettre le paiement anticipé des factures validées, tandis que l'acheteur règle le financeur à l'échéance convenue.

FAQ : questions et réponses

👉 Oui. Les plafonds de 60 jours ou de 45 jours fin de mois sont des délais maximaux et non des délais obligatoires. Les parties peuvent convenir d'un règlement comptant, à réception ou dans un délai inférieur, à condition que les modalités soient clairement définies dans les documents contractuels.

👉 Oui. Un acompte peut être prévu dans le devis ou le contrat afin de financer les premières dépenses et de réduire l'encours client. Son montant, sa date d'exigibilité et les conditions associées doivent être acceptés par les parties. Pour les projets longs, des paiements par jalons peuvent également être organisés.

👉 L'absence d'une référence contractuellement exigée peut bloquer le traitement administratif de la facture. Toutefois, un client ne doit pas utiliser ses procédures internes pour décaler artificiellement le point de départ du délai légal. Les informations nécessaires doivent être définies dès la commande et le fournisseur doit corriger rapidement toute anomalie réelle.

👉 Le dépôt sur un portail peut constituer le mode convenu de transmission de la facture, mais il ne doit pas servir à allonger abusivement le délai de règlement. L'entreprise doit conserver l'accusé de dépôt, la date de réception et les statuts de traitement afin de pouvoir démontrer quand la facture a été transmise.

👉 Le client doit préciser la nature et le montant de la contestation. La partie non contestée peut être isolée et réclamée à son échéance. Le fournisseur a intérêt à formaliser les échanges et, lorsque cela est pertinent, à émettre un avoir ou une facture rectificative uniquement pour la partie réellement concernée.

👉 Oui, dans les relations entre professionnels, l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement est due pour chaque facture payée après son échéance. Elle s'ajoute aux pénalités de retard. Elle n'est pas soumise à la TVA et doit être mentionnée sur la facture et dans les conditions générales de vente.

👉 Non, pas automatiquement. Les pénalités sont en principe acquises dès le lendemain de l'échéance. Le créancier peut toutefois accepter un échéancier et décider contractuellement d'aménager tout ou partie des pénalités. L'accord doit être écrit et préciser les nouvelles dates de règlement ainsi que les conséquences d'un nouvel incident.

👉 Une suspension peut être envisagée lorsque le contrat, les conditions générales de vente ou la gravité de l'inexécution le permettent. Avant d'interrompre une prestation en cours, il est prudent d'adresser une mise en demeure et de vérifier les engagements contractuels afin d'éviter que la suspension ne soit elle-même considérée comme fautive.

👉 Les factures et pièces comptables doivent généralement être conservées pendant dix ans. Il est également recommandé d'archiver le devis, le contrat, le bon de commande, la preuve de livraison, le procès-verbal de réception, les courriels de validation et les preuves de dépôt de la facture afin de sécuriser un éventuel recouvrement.

👉 Non. La facturation électronique facilite la transmission, l'horodatage et le suivi du traitement, mais elle ne modifie pas les plafonds de paiement prévus par la loi. Elle peut néanmoins réduire les retards administratifs en améliorant la traçabilité des factures et en détectant plus rapidement les rejets ou les informations manquantes.

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